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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 13:26

Le premier jour il n’y avait rien, et Dieu trouva ça triste. Alors d’un coup, il créa le monde. Avec tout ce qu’on connait, les ratons laveurs, les tournevis, les épluchures de pomme-de-terre, tout. Le monde entier existait, mais Dieu le détestait. Il l’observait pendant des heures et ressentait ce vide morbide, tout fonctionnait froidement, c’était si bien réalisé qu’il n’y avait plus de questions à se poser, l’évidence les avait toutes abattues.

 

Pendant cinq jours, Dieu n’arriva pas à dormir, c’était impensable. Il voyait ce monde tourner, sans problème, grandir sans relâche, il voyait une machine. Il avait la sensation de n’avoir rien crée qu’un nouvel engin, de nouveaux rouages… Il pensa quelques secondes à éteindre cet engin mais refusa la simplicité d’un échec. L’invention était incomplète et c’est au dernier jour que Dieu trouva ce qu’il lui manquait : le doute. Il manquait à ce monde un sentiment d’insécurité, des états d’âmes.

 

Et aussi vite que l’idée lui était venue, il la réalisa. Les regrets, la culpabilité, la peur, la nostalgie, l’espoir et une foule d’autres sentiments vinrent semer le trouble dans les têtes, les hommes devinrent humains, des êtres cassés qui allaient errer à la recherche d’eux-mêmes sans jamais retrouver cette perfection.

 

Et Dieu eu alors ce qu’il avait souhaité, la possibilité de se poser des questions, de se demander si ceci, si cela. Et en regardant ces petits bonhommes hésiter, tourner en rond, ne pas comprendre, il s’amusa.

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