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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 19:44

[J’ai écrit cet article avec des citations de livres que j’ai lus, je les arrange entre elles, je fais collaborer les morts]

 

Il existe comme ça certaines dates qui comptent parmi tant de mois où l’on aurait pu se passer de vivre. Je savais que ce jour était l’une de ces dates. J’attendais son arrivée. Quelque chose devait arriver à cet instant. J’avais du mal à m’expliquer cette tourmente. Je percevais un mouvement entre elle et moi, et l’impression dominante était celle d’une roue lancée, le mouvement devait se faire sous peine de s’arrêter pour toujours. Avant même qu’elle arrive, je me projettais sa silhouette s’intallant en face de moi, je frémissais des prolongements possibles, des perspectives indeterminées me troublaient. Mon coeur s’emballait à chaque vision, je sentais à son rythme que je respirais mal, comme si j’avais respiré avec le coeur. Elle ne m’avait pas quitté depuis notre dernier rendez-vous et ses vertus, à distance, s’étaient emparées de moi et me travaillaient le coeur sans relâche.

 

 Lorsqu’elle entra, il se fit comme un silence dans mon esprit, tout devint plus clair sans pour autant faire disparaître la tension. Les secondes à cet instant, étaient fortement et solennelement accentuées, et chacune, en s’échappant de ma montre, s’écriait “Je suis la Vie !”. Elle s’assit en face de moi dans un mouvement tout conforme à celui que j’avais imaginé quelques minutes auparavant. Avant que le moindre mot n’ait fissuré le silence, nous eûmes d’abord un long regard. Un regard interminable. Il se produisit dans ces quelques secondes, comme un changement de qualité, et l’on pu aperçevoir ce qui reste caché à un regard qui passe. Les yeux parurent perdre leur enveloppe protectice et silencieusement, nous éclaboussèrent d’une vérité qu’ils n’avaient pas su retenir.

 

La discussion commenca. Je ne saurais pas me rappeler ce qu’il s’est dit à cet instant, la seule chose qui m’en reste est un sentiment. J’avais foi en l’amour qu’elle avait en moi. Je me reflétais dans un autre être et mon image ainsi reflétée, n’offrait rien de repoussant. Dans une détente délicieuse, je m’épanouissais. Je me rappelle ce dégel de tout mon être sous son regard, ces émotions jaillissantes, ces sources délivrées. Il me semblait qu’elle m’aimait sans me regarder, qu’elle m’aimait contre tout, contre la déchéance, contre la bassesse, contre la trahison, moi et non ce que j’avais fait ou ferai.

 

A cet instant, rien d’autre qu’elle, que sa chair lisse et ferme ne pouvait compter. L’humanité dans un seul être, elle était tout ce que j’avais vu et aimé, une rage d’amour.

 

 

Céline, Malraux, Mauriac, Soljenitsyne, Baudelaire et Chateaubriand vous remercient de l'au-délà.

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