Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 13:26

Le premier jour il n’y avait rien, et Dieu trouva ça triste. Alors d’un coup, il créa le monde. Avec tout ce qu’on connait, les ratons laveurs, les tournevis, les épluchures de pomme-de-terre, tout. Le monde entier existait, mais Dieu le détestait. Il l’observait pendant des heures et ressentait ce vide morbide, tout fonctionnait froidement, c’était si bien réalisé qu’il n’y avait plus de questions à se poser, l’évidence les avait toutes abattues.

 

Pendant cinq jours, Dieu n’arriva pas à dormir, c’était impensable. Il voyait ce monde tourner, sans problème, grandir sans relâche, il voyait une machine. Il avait la sensation de n’avoir rien crée qu’un nouvel engin, de nouveaux rouages… Il pensa quelques secondes à éteindre cet engin mais refusa la simplicité d’un échec. L’invention était incomplète et c’est au dernier jour que Dieu trouva ce qu’il lui manquait : le doute. Il manquait à ce monde un sentiment d’insécurité, des états d’âmes.

 

Et aussi vite que l’idée lui était venue, il la réalisa. Les regrets, la culpabilité, la peur, la nostalgie, l’espoir et une foule d’autres sentiments vinrent semer le trouble dans les têtes, les hommes devinrent humains, des êtres cassés qui allaient errer à la recherche d’eux-mêmes sans jamais retrouver cette perfection.

 

Et Dieu eu alors ce qu’il avait souhaité, la possibilité de se poser des questions, de se demander si ceci, si cela. Et en regardant ces petits bonhommes hésiter, tourner en rond, ne pas comprendre, il s’amusa.

Repost 0
5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 00:22

Ah, le visage ! C’est le centre du monde !... la dernière fois, j’étais, je ne sais pas trop comment, un peu triste, un peu avachi… Et j’étais là, j’allais nulle part, j’allais montrer ma gueule abattue à droite, à gauche. J’avais partout les mêmes réactions, un court regard, une salve d’yeux désintéressés, ils s’en foutaient tous ! Et puis les sourires, c’étaient tous les mêmes, bien gentils, bien aimables !... mais que de la façade !... rien de vrai, du vu, revu et encore ! Je continuais à clopiner en espérant un je ne sais quoi de remarquable, un quelque chose de moins monotone ? Et je l’ai eu mon quelque chose. C’était des yeux, encore des yeux. Sur le pourtour, c’était du bleu, de l’authentique !... pas du fade ou du foncé !... de l’électrique… et puis au milieu, il y avait cette pupille qui ressemblait à une explosion de noir, on eu dit qu’une goutte d’encre de Chine était venue s’écraser dans ses yeux, les éclaboussures venaient couvrir le bleu. Oui, c’étaient des gouttes d’encre écrasées dans du bleu… mais ce n’était pas fini. Tout ça, c’était la première seconde, c’était ce que j’ai vu, du bleu, du noir. Ensuite, j’ai découvert le visage, il s’y dessinait la plus terrible expression de mélancolie possible. Ces deux yeux devenaient des armes, ils m’envoyaient comme un projectile une tristesse qui dépassait de loin ce que je ressentais quelques secondes auparavant. Une seconde, un peu plus peut-être, ces yeux ont provoqué des ravages d’empathie puis, d’un mouvement monotone, sont retournés fixer le sol. Et je suis resté là, hébété. C’était un électrochoc, un électrochoc bleu électrique.

Repost 0
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 23:40

Après une soirée insensée, folle, interminable, alcoolisée, Michael était rentré et s’était abandonné à un sommeil d’acier en un rien de temps. Il venait d’ouvrir un œil, juste un. Et, semi-conscient, cet œil avait cherché le réveil, il était midi, presque tout rond. Puis l’œil s’était refermé pour quelques secondes, tout avait l’air d’aller. Un semblant de sommeil avait ainsi duré un quart d’heure puis, on ne sait trop pourquoi, il se leva… Il fila droit vers la salle de bain et s’offrit une douche plus qu’agréable. C’était l’une de ces douches qui insufflent en vous la vie comme un défibrillateur sauve un cœur agonisant. A se demander si cette douche avait plus nettoyé l’intérieur ou l’extérieur du bonhomme, il en était sortit changé, l’esprit vide, léger comme une plume ou comme une feuille, ou comme une plume-feuille. A ce moment là, il sentit se tordre son estomac dans son ventre, dans sa tête se joua alors la plus belle des pièces : Une tasse de café dont la fumée se glissait avec grâce dans l’air était entourée par deux tartines recouvertes d’une fine couche de beurre, le tout dans un silence religieux, il ne restait qu’à mettre de la musique avant de s’installer auprès de cet éclatant début de journée… En quelques minutes, tout était prêt et Michael disposait le plateau sur son lit. Après avoir mit de la musique (Pixies - Dig for Fire), il s’allongea sur son lit et engloutit les tartines… Lorsqu’il eu fini, il posa le plateau sur le sol et laissa sa tête se poser sur le lit. Tout semblait aller si bien, tout était si simple ce matin… Il leva les yeux, un filet de lumière passait facilement dans un interstice du store. Cette tranche de lumière filtrait l’air ou plutôt rendait visible toutes les particules en suspension. Dans un état de bien-être quasi-absolu, il regarda ce ballet de petites poussières qui, en toute grâce, se promenait dans l’air de sa chambre, s’approchait de lui puis étaient soudainement soufflées au loin, replongeant dans l’anonymat. Il regarda, puis s’endormit à nouveau.

Repost 0
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 20:10

Il avait l’âme triste, toute avachie. C’était malgré tout un bel après-midi qu’il vivait là, Achille. Un grand soleil, une petite brise, juste ce qu’il fallait pour donner à l’air cette fraîcheur qui vous regonfle en quelques secondes. Mais à Achille, il aurait fallu plus que de l’air, ou alors des tempêtes, les blizzards les plus affreux... Dans sa tête, la fadeur gagnait du terrain à chaque seconde, tout lui semblait maussade, plus rien n’avait de saveur. Il avait oublié la vie, et de cet oubli avait découlé un abandon, le plus fatal. Chaque seconde, son existence devenait un fardeau plus lourd à porter, l’espoir était ailleurs, mais où ? Du haut de cet immeuble, il pouvait voir tous les environs, d’insipides petits points se déplaçaient sous ses yeux éteints. Assis sur le rebord, il regardait flotter ses pieds au dessus du vide. Lentement, il sentit son esprit s’éveiller. Il se rendit compte qu’il ne regardait pas ses pieds mais bien le gouffre immense qui se trouvait entre eux, la mort en face à face. Dès lors, il arrêta de bouger. Il savait qu’il n’était pas monté là pour la vue, il pensait à ce moment depuis longtemps. Il lui semblait que le temps était venu. Il approcha ses mains du bord du muret sur lequel il se trouvait pour s’aider à sauter loin du bâtiment. Il s’était vu sauter des dizaines, des centaines, des milliers de fois, il avait réfléchi à la position qu’il devait prendre, il se demandait comment se comporterait son corps en flottant dans les airs pour les dernières secondes de son existence. Ses mains commencèrent à se crisper tandis qu’il ramenait ses pieds contre la paroi, toujours afin de sauter plus loin de l’immeuble. Lorsqu’il trouva la bonne position, ses oreilles se mirent à siffler plus fort qu’après n’importe quelle explosion entendue au cours de sa vie. Ce sifflement était comme une prière, son corps lui disait « Non Achille, ne me fais pas ça !... ne te fais pas ça ! ». Mais il ne pouvait plus l’entendre, il lui semblait qu’il était déjà mort. La tension était si forte et ses mains si transpirantes qu’un rien aurait suffit à le faire glisser, à le faire rater la dernière chose de sa vie. Ses doigts serraient si fort le muret qu’il pouvait sentir de petits cailloux pénétrer sa peau, cette douleur lui semblait plus que jamais insignifiante, pouvait-on même appeler ça une douleur ? Il avait l’esprit clair, c’était le moment. Il décida de compter jusqu’à cinq. Un, deux, trois, quatre… cinq. Achille se laissa lourdement tomber, en arrière. Son cœur n’avait jamais battu si vite, son corps n’avait jamais été aussi ruisselant. Il resta là un moment, à regarder le ciel. Et il vécu, je crois, très vieux.

Repost 0
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 22:54

Le temps c’est moche. Ca s’envole, c’est une feuille de papier derrière laquelle on court. Et quand on arrive tout près d’elle, toujours juste à ce même moment, un autre coup de vent l’envoie virevolter dans les airs. C’est le temps, ça balaie tout. La mémoire, voilà ce qu’il nous reste…  Comme un parfum, d’abord envoutant, enivrant même ! Chaque effluve de mémoire nous rend tout chose, on se souvient les regards, puis on a du mal, on lutte pour rendre le tableau plus clair. Un jour, les visions devenues toute grises ne provoquent plus rien, le souvenir est là mais c’est un corps, un cadavre, plus rien n’en jaillit, de l’amertume peut-être, c’est la fin. Alors que ces souvenirs s’achèvent de pourrir au fond de notre esprit, d’autres se créent.

Ceux-là, les nouveaux, c’est quelque chose. Un nouveau souvenir qui se crée c’est un magma d’émotions qui se fige et enferme avec lui toutes les lumières, toutes les chaleurs, les couleurs. Ce sont mille baisers déchainés qui se lient, de couchers de soleil, de regards en coin, de chansons d’amour, merde ! Enfin, le bouquet tout entier, parfois un peu plus même… une magie, une étincelle qui s’y met, petite, mais quand même…  qui fait son effet… cette différence, pas grand-chose pourtant, fait des meurtres, des suicides, c’est une rage effrayante, la plus pure folie, le bonheur.

Repost 0
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 11:29

Une torpeur du démon et l’envie de tout contrôler sans jamais pouvoir le faire, c’est toujours comme ça les rêves. Cette atmosphère, chaque fois la même, devrait nous aider à nous rendre compte qu’on rêve. Mais non, on n’y arrive pas… On se donne entièrement, corps et âme et dans des aventures toujours folles.

 

Je suis quelque part et j’entends quelqu’un, je sais qui est ce quelqu’un et je sais qu’il m’en veut. Pourtant, je n’arrive pas à lui donner un nom et je n’ai aucune idée de ce que je lui ai fait. Les idées dans les rêves, c’est dingue, ça se mélange, tout est possible.

 

Cette personne qui m’en veut à m’en tuer, je l’entends courir. Mais je ne vois rien, rien. Je cherche, je tourne sur moi-même, j’essaie de tout prévoir en sachant que c’est impossible. J’attends d’abord que les pas s’éloignent mais ça dure, ça dure, le son est toujours aussi fort. Je ne supporte plus… Quelque chose doit se passer.

 

Dix.

 

Je change de tactique, je fuis à toutes jambes. Je ne sais pas d’où viennent les pas, peut-être suis-je entrain de courir droit vers mon bourreau. Peut-être rit-il en m’entendant arriver. Je cours vers nulle part dans un brouillard épais, mes pas raisonnent, je sens que je l’aide à me repérer en courant comme ça.

 

Neuf.

 

J’arrive devant un mur tellement immense que je n’en vois pas la fin. Je m’approche et m’accroupie au pied de celui-ci. J’arrête de bouger pour essayer de repérer les pas de mon tourmenteur. Silence.

 

Huit.

 

Silence total. Est-il trop loin ou très près, tapi comme un animal près à bondir ? Le silence est brouillé par les battements de mon cœur que j’entends pulvériser ma poitrine.

 

Sept.

 

Je me relève en essayant de ne pas briser le silence. Je longe ensuite le mur en surveillant les alentours. Le silence est à présent aussi pesant que les pas de tout à l’heure, le sifflement de mes tympans rend l’atmosphère encore plus lourde. Tout ça ne durera pas.

 

Six.

 

Un cri affreux. Un cri de souffrance abominable qui dure, dure et ne s’arrête jamais. Je suis immobilisé par la terreur, pas même un tremblement. Je sens chacun de mes muscles se contracter aussi fort qu’il le peut. Cet épouvantable râle de douleur me plonge dans un égarement terrible.

 

Cinq. Quoi ?

 

Je reprends lentement mes esprits. Que faut-il faire ? Il me semble à présent qu’on ne m’en veut plus. Je ne suis plus effrayé, peut-être ai-je tord. Ma main droite quitte la paroi froide du mur, je retourne dans la brume. Je vais au dénouement.

 

Quatre.

 

Derrière moi, le mur se perd dans la brume.

 

Trois.

 

J’avance en marchant, le pas assuré. En face de moi, une forme noire se dessine dans la brume. Une forme humaine, d’un gabarit similaire au mien. Elle avance à la même vitesse que moi, en marchant de la même manière. Je sais qu’il s’agît de cette personne qui m’en voulait et qui à présent semble avoir besoin de moi, je sais que le cri était le sien. Un petit halo bleu entoure cette silhouette.

 

Deux.

 

Elle s’arrête à un mètre de moi. Je la regarde et aucun visage n’apparaît, toujours ce noir profond entouré d’un peu de bleu. Elle m’observe de la même manière, comme si c’était moi la chose étrange.

 

Il me semble que cette chose qui me regarde est d’une importance incroyable. Dans une seconde de lucidité, je réalise qu’en face de moi, c’est moi. Un autre moi ? Une partie de moi ?

 

Un.

 

Au moment précis de cette découverte, la forme s’approche encore de moi, s’approche et me traverse lentement. Je sens une chaleur agréable et rassurante m’envahir. Corps et âme. Je me retourne, rien. L’endroit est à présent paisible.

 

Zéro.

 

Je me réveille dans un sursaut, sans autre souvenir que cet endroit à la tranquillité retrouvée, quelque chose est arrivé.

Repost 0
11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 21:04

La crainte de minuit est toute une chose, une planète loin d’ici. La journée, tout est sûr car tout fonctionne, tout marche, humain et machines. On avance au pas !... Clap, clap, clap ! Pas intérêt de dévier sinon ça chie ! On ne se pose pas de question, on suit le mouvement, l’engrenage géant de la vie et des humains qui fourmillent dans le vacarme des engins.

 

Quand la nuit tombe, d’un coup d’un seul, le silence tombe avec elle. Dans ce silence, les derniers badauds rentrent chez eux, le noir finit de tout inonder. On gueule encore deux trois fois dans les chaumières et déjà, les premières lumières s’éteignent. Le froid commence alors sa mission nocturne, rend les rues glaciales, les emplit d’un épais brouillard, change le visage d’une ville en quelques heures…

 

Et dans cet énorme bordel pionceux, ronfleux, un homme, quelque part, se réveille et ne sait pas pourquoi. Il ouvre sa fenêtre et observe tout le giga-fatras, silencieux et embrumé, froid, immobile… Il regarde quelques secondes ce paysage puis referme rapidement la fenêtre, retourne dans son lit chaud.

 

C’est à ce moment là que la crainte de minuit le prend. Ce qu’il vient de voir et de ressentir reste dans ses yeux comme s’il ne les avait pas fermés. Tout au fond de lui, un sentiment puissant et indomptable fait battre son cœur avec force. Des questions défilent dans son esprit… Pourquoi je ne dors pas ? Qu’ai-je vu par la fenêtre tout à l’heure ? Il ne dormira pas…

 

Dans l’abîme de la nuit, cet homme a vu sa liberté, dans les yeux.

Repost 0
19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 23:54

Un type marche le long d'une route dans un décor désertique, sans pitié. Il marche lentement mais sûrement dans cet enfer de chaleur et de vide. Une vieille Ford semble sortir de l'infini et s'arrête près de lui dans un nuage de poussière. Il la regarde d'abord puis sans parler, entre et s'installe, il place son coude sur le rebord de fenêtre. Aucun regard n'est lancé vers le conducteur, il observe durant tout le voyage la limite entre la couleur orangée du désert et le bleu du ciel, cette ligne interminablement droite et inchangée. Le soleil reflète ce paysage de désolation sur ses lunettes de soleil, aucune moue n'apparaît sur ce visage imperturbable, on a même peine à imaginer quels yeux peuvent se cacher derrière les lunettes de soleil. Lorsque la voiture arrive à une cabine téléphonique isolée de tout, le chauffeur dépose l'homme et la voiture s'enfonce dans les profondeurs de l'horizon, notre homme la regarde disparaître, comme pour s'assurer qu'elle part bien. Une fois disparue, il se dirige vers la cabine avec cette démarche si assurée et monotone qu'il semble n'être pas humain. Il sort de sa poche quelques pièces si sales qu'on aurait du mal à les reconnaître et les glisse dans la machine. Après le cliquetis des pièces, il saisit le combiné qu'il coince entre sa mâchoire et son épaule. Il tape uniquement des chiffres de temps à autres sans parler. Pourquoi ne parle-t-il pas ? Il tape ses bottes pour en chasser la poussière avant de raccrocher puis sort de la cabine. Il se dresse droit vers le soleil et allume une cigarette qu'il fume en le regardant comme pour le défier. Lorsqu'il la termine, il lâche le mégot sans l'éteindre - à quoi pourrait-il bien mettre le feu ? - et continue sa route dans le même sens que la voiture. Il évolue si lentement dans cet abîme qu'il ne semble pas avancer. Son périple semble alors durer une éternité, on discerne juste le mouvement de ses jambes sans le voir avancer, comme pour montrer à quel point l'effort est vain... Et son humanité semble le rattraper un peu plus à chaque pas, la fatigue rend sa démarche lancinante, la soif peut se lire chaque seconde un peu plus facilement sur son visage. Après encore quelques kilomètres à marcher vers nulle part, il fait son dernier pas et s'arrête. Il tangue quelques secondes, tombe sur ses genoux et s'écrase face contre le sol. Cet homme est un rêve abandonné et cette route est jonchée d'autres cadavres. Ces cadavres qui gisent dans nos têtes à tous.

Repost 0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 22:44

Dans un mois et demi, nous nous rencontrerons au pot de départ à l’étranger d’un ami commun, nous ne nous parlerons pas de la soirée, nous serons installés trop loin l’un de l’autre. Quelques regards vides seront échangés. Trois jours plus tard, nous nous croiserons en ville. Nos yeux se capteront et tu me souriras, moi non. Ce sera la première fois que je te trouverai belle, tu te diras que je suis trop banal. La vie abusera de coïncidences puisqu’une autre fête nous rassemblera dans les semaines suivantes. Nous sympathiseront sur la base de ce curieux hasard. L’alcool et mes bêtises de cette soirée changeront ta vision de moi, tu commenceras à me trouver amusant et je t’inviterai pour mon propre pot de départ la semaine d’après. Lors de celui-ci, je n’aurai plus d’yeux que pour toi et tu commenceras à t’attacher. Neuf mois plus tard, tu seras l’une des premières personnes que je reverrai puisque nous aurons correspondu pendant tout mon voyage à l’étranger. De longues lettres. Notre premier baiser aura lieu sous la pluie à deux heures trente du matin, tu attraperas une grippe que tu me transmettras. Quatre années passeront, remplies par la plus molle normale passionnée histoire d’amour que nous auront chacun vécu. Puis un jour, mes études prendront fin et je devrai travailler… à l’étranger. Tu me suivras et la vie deviendra une aventure, ce sera notre apogée. Après ce moment, nos habitudes ne changeront pas mais à l’intérieur, tout s’affadira. Et un matin, huit ans après notre rencontre, face-à-face, nous nous regarderont avec cette même envie d’autre chose. Nous nous demanderont ce que nous avons fait.

 

Alors, ce 22 novembre 2010 dans la rue, lorsque tu me croiseras, mon amour, ne me souris pas. A quoi bon ?

Repost 0
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 10:11

Moi je…. Je ! Tu me à moi ?... pourquoi ? S’il te plaît, allez ! J’ai besoin… moi-moi-moi, tout de suite ! Je pense à… mon moi propre personnel, tu comprends ? Tu ne comprends pas ?...Si, J’ai raison !… Il faut que tu… J’en meurs ! Regarde sur ma joue… luire cette larme !… combien d’autres avant que tu… ? Pour moi ! Je rampe… futilités !... comme je suis peu !... ta pitié ! Je sombre !... sur-le-champ !...Ah ?...Tu m’écoutes ? Aïe, les fêlures de mon âme ! Tu m’écoutes     encore ? Ouïe !...meurtrissures d’amour ! Viens…! Vois la plaie… suintante ! Tu sens ? Ce précipice immense ? Approche-toi, encore… Ah ! Ô, mon essence ! Plus près ! Laisse-moi côtoyer l’extase ! Oh !...mirifiques allures de ta chair !...Allons, mon amour… Pour toujours, rétablir les enchantements évaporés ! Je te promets… mille ardeurs folles !…la félicité !... Offre-toi !...mon herculéenne faiblesse ! Par ici…Oui, oublie-toi...Par là… Ouh, Ah ! Hi ! Oh-oh ! Aaah ! Ooooh... Allez, va te faire foutre maintenant.

Repost 0