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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 17:00

Des talons ! Je les entends frapper le sol ! Un pas de plus, et oui ! La cabine téléphonique s’efface de ma vue révélant une silhouette qu’elle me cachait depuis le début ! Je la fixe comme un  trophée. Elle marche à allure normale mais d’un pas si léger qu’on la croirait entrain de lutter pour ne pas s’envoler. Au moment de nous croiser, deux mètres nous séparent, le douzième coup vient de sonner. Elle lève la tête d’un geste délicieusement doux, les bras croisés contre sa poitrine. Dans la même fraction de seconde, nos yeux se rencontrent et sans se quitter, parcourent nos visages. Comment dire la beauté de son minois dont chaque partie n’est pas parfaite mais bien mieux ? Son nez, sa bouche, ses yeux semblent avoir chacun une personnalité et l’impression générale qui s’en dégage, bien qu’hallucinante de violence, n’est que féminité et bienveillance. Tout son être semble s’exprimer dans le seul sourire qu’elle m’adresse sans un mot. L’œil dilaté et le cœur palpitant, je me sens grotesque face à cette immensité, cette nymphe humiliante de beauté, et je continue mon chemin à demi conscient, titubant. Disparue dans mon dos, l’écho des talons tape encore dans ma tête rappelant à chaque instant son souvenir à mon esprit misérable. Je m’apprête alors à me fondre dans la rue ternie par la disparition d’une telle idole. Comme un miséreux qui aurait visité le paradis, je traîne, détruit par un espoir risible.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 13:20

Je me promenais encore… Pas la même promenade cette fois ! Une rue large qui filait droit et tournait sec à droite au loin. Avec une belle façade dans le tournant, style gothique. Il y avait ce silence toujours troublant quand il envahit les endroits habituellement bruyants. Mais moi, habitué à l’ambiance, j’errais divaguant. Dans cette rue, la rue de l’Eglise, on se sentait comme une souris dans un labyrinthe car les maisons étaient soudées entre elles ne laissant aucun choix sur la destination, aucune échappatoire. Je suivais donc avec lassitude ce parcours en examinant le sol, les mains bien enfouies dans les poches. J’arrivais presque à ce tournant et sentais poindre un bâillement lorsque « Dong ! Dong ! Dong ! … », la rue de l’Eglise se mis à bien porter son nom. J’avais le droit aux douze coups de minuit, charmante attention. Le tournant se révélait un peu plus à chaque pas mais une partie restait masquée par une cabine téléphonique posée là. Mon regard se fixa d’ailleurs sur celle-ci, ce n’était pas le modèle habituel fait de verre et de métal gris. Tout en bois et superbement vernie, il y avait même de la lumière à l’intérieur ! Pendant mon observation, j’avais continué mon chemin, le clocher devait en être à son neuvième battement de cœur, mais quelque chose n’allait pas dans le rythme, un son intrus cassait tout ! J’eu une ou deux secondes de réflexion intense comme on a lorsqu’on connait une chose sans parvenir à la reconnaitre. Déjà bien avancé dans le tournant, je ne voyais pourtant rien venir en sens inverse et ce son si connu me possédait.

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 23:53

L'autre soir, je me promène en ville, je profite de la fraîcheur. Un vieux débraillé m'arrête dans une rue déserte, pas avare de bonhomie le type. Un grand sourire, voilà ce qu'il me dit :

- Je donne de l'amour… J'en ai un bocal entier, t'en veux ? 

Moi, pas truffe, je le snobe, l'illuminé ! Mais il me suit le diable, alors obligé de m'arrêter...

- Bon dépêche, explique.

- C'est simple petit, tu veux l'amour ?

- Qu'est-ce que t'appelles l'amour ?

- Ben… la même chose que tout le monde : les baisers, les câlins, une jolie fille… le bonheur quoi !

- Nom de dieu, donne-moi tout !

Fier comme tout, il me tend le merdier. Par transparence, je regarde ce qui se trame à l'intérieur. Pas frais, m'étonnerais pas qu'il lui sorte du cul son brevage. Mais sait-on jamais, je bondis à la première bouche et hop ! A l'égout ! C'est plus une gueule qu'il me fait le vieux, une défiguration à faire trembler un légionnaire des genoux !

- Salaud ! Qu'il me lance. Salaud !

Moi, presque entrain de me rouler par terre :

- Ecoute papy, pourquoi tu l'as pas pris toi ?

- J'en ai pris beaucoup déjà… j'en avais un tonneau entier !

- Et ?

- Je supporte plus, c'est horrible, si vous saviez ! Ma femme est tout le temps après moi, elle ne me lâche plus. Avant on était tellement proches sans même se toucher... Maintenant, quelle horreur ! N'importe quel prétexte est bon pour un « petit bisous » et si je m'y refuse elle monte immédiatement sur ses grands chevaux ! Je suis son otage...

 

- T’avais qu’à être lucide, pauvre con ! Et t’essaies de me refiler ton virus en plus, pourri !

 

Envoyée fort celle-là ! Il est au bord du gouffre le miséreux, il saute. Quelques secondes de cris stridents et je l’entends atterrir en bas, un bruit grossier.

Je peux reprendre ma marche.

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 08:09

Chacun son monde, c'est l'idée de départ. Ce monde dans notre caboche, et toutes les choses passionnantes qui se passent à l'intérieur, n'est-ce pas !? Penser c'est fantastique, je vois un bonhomme qui avance dans le brouillard et construit sa vie. Son identité est faite sur un coup de poker, sur une rencontre incongrue, sur le hasard, sur rien ! Mais il aime à croire que tout ça était programmé parce que ca le rassure. Il se dit que tout est bien à sa place, que la logique est respectée. Parfois il arrive un truc-pas-cool alors monsieur le bonhomme se demande pourquoi et il ne comprend pas. Alors il souffre un peu du non-sens, une maladie qui n'épargne personne. Mais il reprend du poil de la bête, il a à nouveau envie de tout. Chacun de ses désirs en cachent d'autres plus profonds. Des fois, le bonhomme se demande qui il est, il aime les autres et ne sait pas s'il est celui qu'ils attendent qu'il soit ou s'il est un bonhomme original, il a peur de l'être parfois. Quand il regarde les gens qui vont mal dirent qu'ils "voient un psy", le bonhomme se dit que ces gens sont en mal d'égo et se paient simplement des séances de cinéma où la star, c'est eux. Il a déjà été mal mais il ne s'en souvient pas très bien, monsieur bonhomme surfe au dessus du monde et sent qu'il n'est pas comme les autres sont, est-ce une maladie ? En tout cas, monsieur bonhomme se demande comment on pourrait le sortir d'une maladie qu'il aime profondément !

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