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Pensées, divagations et citations d'un étudiant, tout simplement.

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Un Hémisphère dans une chevelure

Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je sens ! Tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures, ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmant climats, où l'espace est plus beau et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.
[...]
Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages de ta chevelure, je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.
Laisse moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me sembe que je mange des souvenirs.

Charles Baudelaire. 
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S
Baudelaire, sans conteste l'un de mes poêtes préférés, même si Le Spleen de Paris et ses petits poêmes en prose (d'où est extrait le poème ici) me parlent moins. L'un des textes de Baudelaire qui m'a le plus marqué, c'est Spleen IV. Cette écriture au style tellement imagé...<br /> <br /> Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle<br /> Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis<br /> Et que l'horizon embrassant tout le cercle<br /> Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits.<br /> Quand la terre est changée en un cachot humide<br /> Ou l'espérance comme une chauve souris<br /> S'en va battant les murs de son aile timide<br /> Et se cognant la tête à des plafonds pourris.<br /> Quand la pluie étalant ses immenses traînées<br /> D'une vaste prison imite les barreaux<br /> Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées<br /> Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux.<br /> Des cloches tout à coup sautent avec furie<br /> Et lancent vers le ciel un affreux hurlement<br /> Ainsi que des esprits errants et sans patrie<br /> Qui se mettent à geindre opiniatrement.<br /> Et de longs corbillards, dans tambours ni musique<br /> Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir<br /> Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique,<br /> Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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