Pensées, divagations et citations d'un étudiant, tout simplement.
L'autre soir, je me promène en ville, je profite de la fraîcheur. Un vieux débraillé m'arrête dans une rue déserte, pas avare de bonhomie le type. Un grand sourire, voilà ce qu'il me dit :
- Je donne de l'amour… J'en ai un bocal entier, t'en veux ?
Moi, pas truffe, je le snobe, l'illuminé ! Mais il me suit le diable, alors obligé de m'arrêter...
- Bon dépêche, explique.
- C'est simple petit, tu veux l'amour ?
- Qu'est-ce que t'appelles l'amour ?
- Ben… la même chose que tout le monde : les baisers, les câlins, une jolie fille… le bonheur quoi !
- Nom de dieu, donne-moi tout !
Fier comme tout, il me tend le merdier. Par transparence, je regarde ce qui se trame à l'intérieur. Pas frais, m'étonnerais pas qu'il lui sorte du cul son brevage. Mais sait-on jamais, je bondis à la première bouche et hop ! A l'égout ! C'est plus une gueule qu'il me fait le vieux, une défiguration à faire trembler un légionnaire des genoux !
- Salaud ! Qu'il me lance. Salaud !
Moi, presque entrain de me rouler par terre :
- Ecoute papy, pourquoi tu l'as pas pris toi ?
- J'en ai pris beaucoup déjà… j'en avais un tonneau entier !
- Et ?
- Je supporte plus, c'est horrible, si vous saviez ! Ma femme est tout le temps après moi, elle ne me lâche plus. Avant on était tellement proches sans même se toucher... Maintenant, quelle horreur ! N'importe quel prétexte est bon pour un « petit bisous » et si je m'y refuse elle monte immédiatement sur ses grands chevaux ! Je suis son otage...
- T’avais qu’à être lucide, pauvre con ! Et t’essaies de me refiler ton virus en plus, pourri !
Envoyée fort celle-là ! Il est au bord du gouffre le miséreux, il saute. Quelques secondes de cris stridents et je l’entends atterrir en bas, un bruit grossier.
Je peux reprendre ma marche.