Pensées, divagations et citations d'un étudiant, tout simplement.
Des talons ! Je les entends frapper le sol ! Un pas de plus, et oui ! La cabine téléphonique s’efface de ma vue révélant une silhouette qu’elle me cachait depuis le début ! Je la fixe comme un trophée. Elle marche à allure normale mais d’un pas si léger qu’on la croirait entrain de lutter pour ne pas s’envoler. Au moment de nous croiser, deux mètres nous séparent, le douzième coup vient de sonner. Elle lève la tête d’un geste délicieusement doux, les bras croisés contre sa poitrine. Dans la même fraction de seconde, nos yeux se rencontrent et sans se quitter, parcourent nos visages. Comment dire la beauté de son minois dont chaque partie n’est pas parfaite mais bien mieux ? Son nez, sa bouche, ses yeux semblent avoir chacun une personnalité et l’impression générale qui s’en dégage, bien qu’hallucinante de violence, n’est que féminité et bienveillance. Tout son être semble s’exprimer dans le seul sourire qu’elle m’adresse sans un mot. L’œil dilaté et le cœur palpitant, je me sens grotesque face à cette immensité, cette nymphe humiliante de beauté, et je continue mon chemin à demi conscient, titubant. Disparue dans mon dos, l’écho des talons tape encore dans ma tête rappelant à chaque instant son souvenir à mon esprit misérable. Je m’apprête alors à me fondre dans la rue ternie par la disparition d’une telle idole. Comme un miséreux qui aurait visité le paradis, je traîne, détruit par un espoir risible.