Pensées, divagations et citations d'un étudiant, tout simplement.
La crainte de minuit est toute une chose, une planète loin d’ici. La journée, tout est sûr car tout fonctionne, tout marche, humain et machines. On avance au pas !... Clap, clap, clap ! Pas intérêt de dévier sinon ça chie ! On ne se pose pas de question, on suit le mouvement, l’engrenage géant de la vie et des humains qui fourmillent dans le vacarme des engins.
Quand la nuit tombe, d’un coup d’un seul, le silence tombe avec elle. Dans ce silence, les derniers badauds rentrent chez eux, le noir finit de tout inonder. On gueule encore deux trois fois dans les chaumières et déjà, les premières lumières s’éteignent. Le froid commence alors sa mission nocturne, rend les rues glaciales, les emplit d’un épais brouillard, change le visage d’une ville en quelques heures…
Et dans cet énorme bordel pionceux, ronfleux, un homme, quelque part, se réveille et ne sait pas pourquoi. Il ouvre sa fenêtre et observe tout le giga-fatras, silencieux et embrumé, froid, immobile… Il regarde quelques secondes ce paysage puis referme rapidement la fenêtre, retourne dans son lit chaud.
C’est à ce moment là que la crainte de minuit le prend. Ce qu’il vient de voir et de ressentir reste dans ses yeux comme s’il ne les avait pas fermés. Tout au fond de lui, un sentiment puissant et indomptable fait battre son cœur avec force. Des questions défilent dans son esprit… Pourquoi je ne dors pas ? Qu’ai-je vu par la fenêtre tout à l’heure ? Il ne dormira pas…
Dans l’abîme de la nuit, cet homme a vu sa liberté, dans les yeux.