Bye bye Monsieur !
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Ca vient de profond, loin de feindre. C’est tout une essence.
La cause en est un je ne sais quoi, presque imperceptible.
Hors de ça, il n’y a que vice, ténèbres, mort, désespoir.
Rien n’est jamais pur ni certain mais tout est rêvé tel.
Le regard change, les effets en sont effroyables.
On délaisse tout, voyez la primauté de la chose.
On va plus vite vers notre salut ou notre perte.
Quand le fer est rouge, le cœur s’en souvient.
Franchement, j’y pensais bien depuis trois heures. Je me cassais la tête. Et d’un coup, l’idée m’a sauté aux yeux, le téléphone était juste à côté de moi, l’abruti ! Ni une ni deux, je l’attrape. J’appelle le téléphone rose et Brenda, qui devait plutôt s’appeler Jean, décroche. Je dis « Brenda, j’en peux plus, dis moi ce qu’est la vie ! ». Inspirée la Brenda :
« Peut-on vraiment lui donner une définition ? Je refuse de m’enterrer dans des points de vue style « c’est profiter de l’instant présent, s’éclater » ou encore « c’est 9 mois après la copulation », simpliste ! Mon petit, on ne vit pas pour être heureux ou pour autre chose, il n’y a pas de sens à la vie au départ ! Mais si tu ne lui en donnes pas, tu finiras au fond d’un caniveau. La vraie vie ne disparait pas quand tu arrêtes d’y penser, elle est palpable ! Ce n’est pas bêtement le contraire de la mort comme te le dira le premier esprit vaseux venu. Au fond, je n’en sais rien, je ne sais même pas pourquoi ça existe. Je n'en vois vraiment pas la signification… »
Outré, je la coupe : « nan mais ça va oui ! Et tu me fais payer pour entendre ça, catin vocale ! ». Raccrochage en règles ! Même le téléphone rose ne pouvait résoudre ce problème, chose incroyable. Puis soudain, le flash, la révélation. J’allumai la télévision, l’encéphalogramme s’aplatit.
Aujourd’hui, j’ai été en ville et dans une longue rue droite j’ai croisé une fille aux yeux noirs. Très belle, il y a eu un regard. Je me suis retourné, elle non. J’en suivais ensuite une autre dans un tournant, elle aurait pu faire tomber son briquet, je l’aurais ramassé. Je suis arrivé à la fac, et quand je suis passé devant le bâtiment principale, une grande blonde aux cheveux bouclés m’a regardé, j’aurais du la voir. J’ai aussi été photocopier mon emploi du temps. J’aurai voulu que cette fille un peu garçon manqué, à l’autre photocopieuse, ne sache pas la faire fonctionner. Mais elle savait. Après, j’ai pris le chemin du retour. Je suis passé près d’une brune arrêtée qui démêlait un nœud dans ses écouteurs, mes yeux ont quitté son visage au moment où elle relevait la tête. Aujourd’hui, il ne s’est rien passé.

Frotte autant que tu veux, c’est peine perdue. Parce que la force la plus immense m’est risible, parce que je resterai. Je t’aime et je t’aime. Dense, solide et impressionnant, des bagatelles pour juger mon penchant. Mon amour sera prodigieux, inaltérable et irascible. Je ne cèderai pas, je paierai tout les prix pour tes éclats. J’implorerai la providence pour qu’elle me jette sur ton chemin, je composerai les plus belles coïncidences. Je feindrai ce qu’il faudra, je jouerai mon meilleur rôle, je serai faux jusqu’au dégoût. Toujours dans l’espérance d’une seconde d’étreinte, je serai ton ombre prête à tout. Prépare-toi aux plus grands périples, à fuir comme personne avant. Pas de traces ni d’espoir permis. Je flairerai les cendres d’un espoir à des kilomètres, à des années. Et je t’aime et je t’aime.
En transe ! Gisant dans ma sueur ! J’en peux plus et elle, à côté, déjà assise entrain de fumer, prête à passer à la caisse ! Foutue corrompue ! Donneuse et gâcheuse de plaisir, rôles incompatibles ! Et pourtant, je pourrais la regarder des heures. Cette défiance de mégère, cette classe dans le débauchage total ! Elle ne porte rien qu’un peu de parfum dans les cheveux mais ne s’habille pas de tissu, l’insolence lui suffit. Tout un style ! Je l’adore et la déteste, cherche comment être à ses yeux. Mais rien à faire, je suis moins que rien, vraiment ! Je la regarde, abruti par sa suffisance, elle est totalement ailleurs. Je paie, elle s’en va. Le lendemain matin, j’ouvre mon journal café à la main. Soudain, ma tasse tombe et éclate, elle, ma muse ! Dans les avis mortuaires.
Réveille-toi ! Même s’il faut revenir à la vie, cette mégère. Tu as une maladie, tu le sais ? L’humanité ! Le virus du vide, ne se soigne pas. Alors rassasie-le ! Prends plus, gave-le ! Tout est si fort à l’intérieur, si coloré, vivant ! Ce bas monde porte bien son nom, lamentable ! Immobile, sombre et pathétique ! Ne laisse pas l’immondice qui pénètre tes yeux salir ton esprit. Vois comme tu es maître, comme tout ce qu’il se passe en toi décide de la valeur de ce qui t’entoure. Imagine à quel point tu décides de ton moral ! Vais-je aller bien aujourd’hui ? Vais-je voir les choses du bon côté ? Ne sois pas ton propre esclave sans t’en rendre compte. Ne sois pas n'importe qui ! Lambda est un connard.